Je n'arrive pas à parler. Pourquoi ne pas écrire ?

Lawenn
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Enregistré le : 19 Déc 2018 14:45

Je n'arrive pas à parler. Pourquoi ne pas écrire ?

Messagepar Lawenn » 19 Déc 2018 16:35

Bonjour. J'écris aujourd'hui sous conseil de ma mère. Mais je vais d'abord commencer à me présenter et vous expliquer la raison de ma venue.
Déjà, je suis en première Scientifique. La pression de l'école, des bonnes notes me pèsent vraiment. Pourtant, mes parents ne me disent rien dessus. C'est plus fort que moi, je me mets la pression, fini par pleurer lors de mes révisions et stresse énormément avant un DS. Mais bon, on continu.

Non, je voudrais vous parler de la relation que j'ai avec mon père. Là-bas, je vis en famille recomposée avec deux autres garçons, moins âgés que moi (Je suis l'ainée) et une belle mère. Elle n'est pas toujours facile à vivre au quotidien, mais on s'habitue.
Tout a commencé à la séparation de mes parents. Ma sœur était âgée de 4ans et moi de 8. Pendant 4ans qui suivirent ce chamboulement, j'étais sujette aux crises d'angoisses nocturnes. Toutes les nuits, je faisais des insomnies de plus de 4heures où mon lit se transformait en piscine de sueur tellement j'avais peur. Des yeux, des formes, des fantômes, la mort. Ma mère a toujours été à mes côtés, toutes les nuits, je la réveillais de mes cris ou des mes appels au secours. Pourtant ! ce n'était pas faute de volonté de la laisser dormir ! je passais plus d'une heure, plongée dans le noir à combattre mes folies. Jusqu'au moment où je ne pouvais plus et l'appelais. Mon père se moquait bien de cela. Et quand ça m'arrivait chez lui, il me criait un "Dort !" depuis sa chambre. Je redormais rarement et ne pouvait pas allumer la lumière au risque de le réveiller à nouveau. J'attendais alors le levé du jour sans quitter des yeux ses fantômes qui tournaient et tournaient dans ma chambre. Au final, un ostéopathe me libéra de mes angoisses en un an et demi environ. Ce fut un réel soulagement !

L'année suivant la séparation, mon père cherchait le monopole de l'attention. Il voulait qu'on meurt d'envie de revenir chez lui. Et pour cela, il nous achetait à l'aide de cadeaux dites "surprise" au milieu de la semaine. Ca dura un an à tout cassé. Petit à petit, je trouvais ses cadeaux de plus en plus tiré par les cheveux, c'était vraiment les babioles qui lui tombaient sous le coude.
Le temps passa, et tout s'empira. Il passait son temps à insulter notre mère, à la rabaisser et la faire passer pour "la méchante". Et une fois de retour chez elle (alternance chaque semaine), elle essayait tant bien que mal de rectifier le tire. Elle nous regarda évoluer et décida au final de me donner quelques clefs de sa manière de fonctionné. Je découvris après quelques longues discutions les nuits d'insomnie que ma mère était partie car elle subissait la manipulation narcissique de mon père. Mais elle ne voulait pas que j'ai l'impression qu'elle veuille me monter contre lui. Alors (j'étais âgée de 11 ou peut-être 12 ans) elle m'a acheté une BD écrite par une auteur ayant subit également la manipulation conjugale. Elle expliquait à l'aide de ses personnages les différentes manipulations qu'on pouvait rencontrer. Allant de celle anodine que les vendeurs exercent à la manipulation perverse que j'appelle aujourd'hui les vampire. Ceux qui se nourrissent de l'énergie des autres pour se faire du bien. Qui les vident donc. Et après les exemples qu'elle donnait et une observation attentive lorsque j'étais au combat, je me suis rendue compte que mon père répondait mot pour mot au manipulateur narcissique. J'ai donc essayé de me bâtir une armure en ferraille. De devenir impénétrable. D'arrêté de faire "l'éponge" et de laisser rebondir les réflexions de mon père sur mon armure. Comme les cailloux qui frappent mais qui retombent sans laisser de trace. Cela me prit beaucoup de temps. Vous l'aurez comprit… Mon père à remplacé ma mère par moi. Mais je me console : Je suis sa cible, au moins, ma sœur ne l'est pas. J'ai l'impression de jouer le bouclier parfois. C'est assez fatiguant. Mais je ne m'en rendais pas encore vraiment compte. Je pleurais chez ma mère et faisait l'implacable chez mon père. SURTOUT ne jamais montrer ses faiblesses !

Enfin, il y a trois ans, ma belle-mère fit son apparition. Je passe les détails et j'en vient enfin à maintenant :

Je me sens pas mieux. L'état de santé de mon père est instable, et bien que je sais que ça peut être grave, je garde en tête qu'il surjoue parfois. Il joue de son état pour nous attendrir, pour être perçu comme le pauvre malheureux. Il ne cesse de rabaisser ma mère et maintenant… moi aussi. Les disputes se font de plus en plus fréquente. Il est très paradoxale, d'une part il peut être exécrable et le lendemain être très agréable. Ca me déstabilisait beaucoup avant que je ne me forge mon armure. Il joue sur beaucoup de tableau. Rabaisse mon petit frère, le plus petit, qui est prématuré et trop petit par rapport à la norme. Il ne cesse de lui répéter "tu n'es qu'un gamin" "un bébé" "tout petit" "y a pas épais" COMMENT VEUX-TU QU'IL GRANDISSE SI TU NE CESSE DE LUI REPETER QUE C'EST UN BEBE !? Ca me met hors de moi (tout comme les remarques sexistes qu"il peut dire. Même ma belle-mère en est venu à dire que les femmes doivent faire le ménage et pas les hommes ! et raciste également. En particulier envers les personnes arabes). Il manipule aussi ma belle-mère. Son tain c'est ternis depuis son arrivée et elle est de plus en plus irritable et désagréable. Le deuxième passe son temps dans sa chambre, il échappe un quelque peu à la vie là-bas. Je fais de même à vrai dire. Ma sœur "échappe" aux mots destructeurs de mon père car contrairement à moi, elle ne s'est pas fabriqué son armure et lui fait face les sourcils froncés, paré à l'attaque, non, elle le brosse dans le sens du poil et se trouve être la "préférée". Je me moque bien de cela car je ne veux pas me rapprocher plus que ça de lui. Quand vous voyez un ours derrière la rivière, je doute que vous n'alliez le caresser… Ma sœur lui apporte à manger. Enfin, même si je ne le montre pas, je pleurs beaucoup, me sens vide là-bas, ça m'affecte forcément. Je ne peux pas parler de tout tellement il y a de choses à raconter ! J'essaye d'abréger au maximum.
Seulement, je trouve qu'il va de plus en plus fort avec moi, ces remarques sont de plus en plus dur "quelle fille de merde" "tu n'es qu'une égoïste" "tu me fais chier" "féniasse" ou autres insultes que je ne trouves la plupart du temps pas justifiées. J'ai beau demandé à mon entourage si je suis comme ça ou comme ci mais la plupart me regardent avec des yeux ronds en m'assurant que pas du tout. Hypocrisie ou non ? Je ne sais pas, je ne crois plus grand monde.
Je passe tout ce que j'ai à raconter une nouvelle fois tellement c'est long...
N'empêche que maintenant, je ne me sens pas bien là-bas. Je ne peux pas travailler mon année de première que je trouve déjà très compliquée de manière reposée. Je n'ai pas l'esprit tranquille, jamais, et continu à faire le tampon par ci par la. Il n'est pas rare que j'aille voir mon petit petit frère pour essayer de lui redonner confiance en lui (il n'a que 7 ans!) que j'aille voir le deuxième pour discuter un peu. Que je parle avec ma sœur quand il s'en est prit un soir injustement à elle. Que je sépare mon père et ma belle-mère en pleine dispute avant qu'il ne porte la main sur elle (je le fais quand je l'entends la pousser contre le mur comme je l'ai déjà vu pousser ma mère contre le frigo un soir où je sortais du bain. Je n'ai pas eu le droit d'aller la voir après ! Il m'a assuré qu'elle ne voulait voir personne même pas moi alors qu'elle ne demandait que ça ! Il la poussé je l'ai vu ! Je m'en souviens comme si c'était hier alors que ça s'est passé il y a des années et qu'il a essayé de me retourner la mémoire et me faire croire autre chose. J'ai été assez dur d'esprit pour ce coup là. Enfin, je reviens à ce que je disais). Et je pleurs seule ensuite dans ma chambre. Pleurer m'aide vraiment à me détendre et extérioriser ce que je ressens. J'essaye de garder tout ce petit monde uni car je sais qu'il "divise pour mieux régner" et qu'au contraire, "l'union fait la force"

J'ai peur de tout maintenant, je ne fais plus confiance aux personnes qui m'entourent. J'ai peur de tout le monde à qui je n'ai pas parlé au moins deux fois ! Même les gens de ma classe ! J'ai peur des gens de ma classe ! Je me suis renfermée ces derniers temps, j'ai l'impression de mal penser, de toujours mal faire. Même quand je fais des efforts pour lui, que j'essaye d'atteindre la barre qu'il m'a fixé, quand je l'atteins, il me la remonte ! Je me suis assez fatiguée avec ça, je n'essaye même plus de répondre à ses attentes. N'empêche qu'en plus d'être devenue arachnophobe par sa fautes (les bonnes blagues de quand j'étais petite, je ne supporte plus la vue d'une araignée maintenant) je me suis découverts (après deux réflexions de mes amies proches et un évènement qui m'a poussé à la recherche) une ochlophobie également.
Par exemple, j'avais accompagné une fille de ma classe en salle d'étude libre. Il y avait du monde, c'était pas très calme mais supportable. La sonnerie sonne et le reste de la classe nous rejoins. Au complet. La salle était petite et le monde autour de moi discutait fort, blaguait, rigolait, chahutait. Déjà de me sentir continuellement en décalée par rapport à ce qu'il se passait autour de moi, j'ai eu l'impression de voir trouble, mais également qu'on me compressait la cage thoracique au point que je ne puisse plus respirer. Ma respiration qui elle s'accéléra en une hyperventilation. Enfin, crise d'angoisse. Comme j'en ai eu de longues dates, j'ai réagit plutôt vite : j'ai plié bagage et suis allée m'aérer la tête.

Je suis devenue dépendante des autres également. J'ai tellement peur de savoir si ce que je fais c'est bien ou pas que je demande. Des questions tellement bête qu'on me regarde comme si j'étais une idiote. Mais j'ai besoin qu'on me dise "c'est bien Lawenn, fonce" pour continuer dans mon idée. Chez ma mère, j'ai un regain de "caractère". J'essaye d'affirmer un peu plus qui je suis mais j'ai tellement peu confiance en moi que j'ai vraiment du mal. Elle essaye pourtant de me pousser "vas-y tu es toute belle comme ça !" "merci ! Tu viens de me donner une piste sur un problème en chimie que j'avais au travail !"

Après ce long récit de ma petite vie, j'ai répondu au conseil de ma mère, de vous écrire, car j'ai besoin d'un avis.. Je me sens mal chez lui, d'accord. Je sais que je fais face à un manipulateur et essaye tant bien que mal de m'en protéger (C'est comme s'il essayait de brancher un jeu vidéo. J'ai connaissance des techniques alors je débranche ou l'empêche de brancher. Et s'il arrive à brancher tous les câbles, cela veut dire qu'il aura la main mise sur moi et donc qu'il me joestiquera comme il joestique un jeu vidéo (excusez, je ne sais pas comment ça s'écrit)) D'accord. Mais je commence sérieusement à être à bous. Nerveusement, j'ai de plus en plus de mal. Fatigue nerveuse. Alors la fuite serait un moyen radical de m'éloigner de cet affreux jojo. Mais je l'aime, c'est mon père. Et si je pars, je sais qu'il me fera la tête toute la vie comme il fait la tête à son frère (qu'il ne voit plus du tout depuis des années) et à ses parents (qu'il appelle seulement quand il a besoin). Et je ne peux pas non plus partir car qui protègera ma sœur ? Et le tout petit ? Et même le moyen ? J'ai déjà livré des secrets de défenses à ma belle mère. Mais qui remettra un coup de visseuse sur les vices qui s'échappent petit à petit et fragilise notre alliance, à nous les enfants ?


Pour finir, je m'excuse de la a longueur du texte qui n'a sans doute ni queue ni tête. J'ai déballé comme ça ce que j'avais, aujourd'hui sur le cœur, sans trop réfléchir. J'ai fais ce que je pouvais pour raccourcir au maximum car le temps me manque affreusement. Depuis ma rentrée en S, je ne vis plus, je travaille. Et Je m'excuse des fautes d'orthographes, je n'ai pas la patience ni le temps de me relire.

Bonne journée à vous.
AlloEcouteAdo
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Re: Je n'arrive pas à parler. Pourquoi ne pas écrire ?

Messagepar AlloEcouteAdo » 05 Jan 2019 20:12

Bonjour Lawenn,

Tout d'abord nous nous excusons car nous venons de constater que tu n'avais pas reçu la réponse que nous t'avions faite le 20 décembre. :o
Les mystères de l'informatique :roll:

Nous espérons que tu as passé de bonnes fêtes de fin d'année malgré les tensions familiales.

Au travers de ton récit on voit à quel point la relation avec ton papa est douloureuse.
Les mots de ton papa à ton égard sont durs et te font perdre confiance en toi.

Il semble que tu te sois investie d'une mission...protéger tous les membres de ta famille de ton papa.
Est - ce à toi de prendre en charge tes frère et sœurs et même de conseiller ta belle mère?

Cela parait bien lourd pour une adolescente.
Ce qui explique que tu ne sois plus disponible pour le reste ( y compris les études).

Peut- être que tu pourrais davantage t'appuyer sur ta maman et faire confiance à ta belle mère pour qu'elle s'occupe de tes frères et sœurs quand tu es chez ton papa?

A bientôt.

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